DOCUMENTS ET REPERES HISTORIQUES

Les premiers navigateurs qui donnèrent au fleuve Wouri le nom de Rio dos cameroes , littéralement la rivière des crevettes , sont arrivés dans le golfe au 16 ème siècle. Dès le début du 17 ème siècle, ces rapports s´intensifient.

REPERES HISTORIQUES

Les premiers navigateurs qui donnèrent au fleuve Wouri le nom de Rio dos cameroes , littéralement la rivière des crevettes , sont arrivés dans le golfe au 16 ème siècle. Dès le début du 17 ème siècle, ces rapports s´intensifient. Les commerçants sont nombreux à se mettre en rade sur l´estuaire, les consuls anglais installés à l´île de Fernando Poo cherchent à contrôler les bateaux des commerçants, les premiers missionnaires s´installent. L´Europe est en pleine crise générale hégémonique. Le choix de l´Allemagne comme puissance protectrice, à la place de l´Angleterre dont le consul de Calabar avait des relations très étroites avec les peuples de la côte du Cameroun, s´explique plus par les querelles internes aux clans de la région. La domination des allemands a été vécue comme un parjure. L´appropriation des terres à laquelle tous les clans unis se sont opposés avec détermination jusqu´à la condamnation à mort du Président du Ngondo Rudolf Douala Manga. Plusieurs émissaires furent envoyés en Allemagne, après des suscriptions lancées par le Ngondo.

DOCUMENTS HISTORIQUES


Le texte du traité de la COUR d´équité : 14 janvier 1856.
Lois pour une meilleure réglementation des affaires commerciales entre les subrécargues (surveillants de la cargaison et agents de commerce) et les commerçants indigènes du fleuve Cameroun,adoptées à bord du ´´ Bloodhound ´´ , bateau de sa majesté :

1. Une cour d´équité sera établie dans le fleuve Cameroun pour l´observation intégrale des règlements qui suivent ; le tribunal se composera de tous les subrécargues, ainsi que des rois et commerçants de la place.


2. Le Palais de justice projeté sera édifié et le terrain acheté aux frais communs des subrécargues commerçant actuellement sur le fleuve il sera considéré comme propriété britannique, et sous la protection du Consul de sa Majesté britannique, soumis à l´approbation du gouvernement de Sa Majesté.

3. Cet organisme aura une session mensuelle, sauf pour des cas spéciaux, pour lesquels elle peut être convoquée en tout temps : un subrécargue sera élu président pour un mois, à tour de rôle. Selon l´ancienneté ; un rapport sur chaque réunion sera envoyé au consul de Sa Majesté britannique à Fernando Poo.

4. Ces lois maintenant promulguées seront observées et respectées par les subrécargues absents du fleuve ou de cette assemblée au temps de leur promulgation, comme par ceux qui arriveront ensuite ; de même, tous les futurs commerçants indigènes seront liés par elles.

5. Les rois et chefs indigènes s´engagent non seulement à payer leurs propres dettes, mais encore à user de leur influence, chacun auprès des commerçants de son ressort, pour qu´ils en fassent de même. En cas d´inobservation de cet article, ils seront passibles d´une amende fixée par le tribunal.

6. Tout groupe de trois membres du tribunal aura le droit de faire appel contre ses décisions ; cet appel sera différé jusqu´à la prochaine visite du consul ; si, à l´examen, il se révèle non fondé ou non valable, les appelants seront passibles de l´amende la plus forte, infligéable par le tribunal.

7. Le tribunal pourra employer les amendes qu´il infligera, soit au profit de ses frais de construction ou de bon fonctionnement, soit pour tout autre but, sur décision de l´assemblée.

8. Les rois et chefs du Cameroun s´engagent solennellement à garder inviolée, la déclaration anti-esclavagiste convenue le 10 juin 1840 entre le gouvernement de Sa Majesté et les rois du Cameroun, et à informer de la présence d´un négrier, tout officier de Sa Majesté se trouvant dans les environs.

9. Tout subrécargue ou indigène qui refusera de se présenter au tribunal après y avoir été dûment convoqué, jetant ainsi le discrédit sur les lois du tribunal, sera passible d´une amende de la valeur de quatre pièces de tissus, à moins qu´il ne puisse justifier clairement son absence.

10. Tout indigène qui refuserait de payer une amende infligée par le tribunal se verra interdire l´accès de tout navire dans le fleuve : que ce soit pour y commercer, ou pour tout autre motif, et tout subrécargue refusant de payer une amende sera déchu des privilèges attachés à la Cour d´équité.

11. Pour le cas où un commerçant indigène quelconque essayerait d´éluder, soit par défaut, soit de tout autre manière, la pénalité infligée par le tribunal, le défaillant sera signalé à tous les patrons, commerçants et subrécargues du fleuve, lesquels seront, sous peine de cent Krus d´amende, (1 kru = 12 marks), tenus d´interdire audit défaillant l´accès de leur bateau pour y commercer, ou pour tout autre motif et, si nécessaire, attendront pour le règlement final l´arrivée du Consul de Sa Majesté.


Témoignages très anciens 
 
Certains écrivains ou historiens , comme Iwiyè Kala Lobè , Nyounai Libam attribuent la première assemblée du Ngondo à Massé, chef des clans du lignage Bell , le prince René Douala Bell , selon le lignage familial du clan.
La légende populaire malobè et Ngomnimnga rapporté par beaucoup d´auteurs dont Mpondo Nsanguè , Akwa et Maurice Doumbè Moulongo attribue plutôt le premier Ngondo au chef du clan Akwa. Le prestigieux Ngando Kwa. Cependant, l´on peut aussi imaginer que, comme toute chose qui met en relation plusieurs partenaires, plusieurs clans, plusieurs tentatives ont du être faites, avant d´aboutir à une forme stable.
On peut imaginer encore, au vu de l´histoire telle qu´elle nous est rapportée par les marins ayant caboté sur cette côte que, les rapports engagés dès leur première arrivée de Fernando Po sur cette côte ont été riches et très fréquents. D´abord les Portugais, ensuite les Hollandais et les Français, puis viendront les Anglais dont les rapports avec les différents clans côtiers sont rapportés depuis le tout-début du 19 ème siècle par les différents consuls anglais installés à l´île de Fernando Poo. Leurs intérêts étaient essentiellement commerciaux. Leurs intermédiaires incontournables furent les clans côtiers qui occupaient les bords de l´océan et les rives du RIO CAMEROES, littéralement rivière des crevettes en Douala, et l´embouchure de la Sanaga et la Cross river. L´arrivée de ces navigateurs a certainement exacerbé les différends au sein des clans installés plus à l´intérieur des terres, différends portant sur le meilleur profit que chacun d´eux pouvait tirer de ce négoce.
Plusieurs traités et conventions signés par ces de clans côtiers attestent de la permanence de ces contentieux qui ont très souvent nécessité l´intervention de la tierce partie qu´était l´Angleterre.

La légende :Malobè et Ngomninga

Sur les marchés du pays Pongo, transitaient les produits les plus demandés par les navigateurs... C´est là que tous les grands commerçants côtiers de cette époque se fournissaient. Malobè m´Etame M´etei ; un géant immense d´une force phénoménale entreprit de prélever une dîme personnelle sur chaque pirogue qui accostait, avec la complicité de ses frères. Les piroguiers terrorisés n´osaient plus accoster au risque de perturber le commerce sur l´estuaire. Le chef Ngando a Kwa du clan des Bonambele, demanda l´union de tous les chefs de clans pour faire face en commun au danger. Cette réunion eu lieu sur la rivière Bessèkè qui sépare aujourd´hui, le quartier Bali du quartier Akwa. La métaphore de l´union, Ngobi, le cordon ombical commun, désignera désormais l´assemblée des chefs de clans.
Il fit intervenir un de ses beaux-parents Ngomninga du clan Bakoko du village Yansoki situé derrière l´aéroport de Douala (à côté de l´ancien bac de la Dibamba). Après avoir subi tous les rites, pendant 9 semaines dans le village Akwa, il alla tout seul affronter le géant Malobè. Après 9 jours d´observation, il accosta de très bon matin, prépara tous ses artifices mystiques . Le combat était fini avant d´avoir commencé. Malobè n´a pas pu résister à Ngomninga. Attaché dans une pirogue, il fut livré aux bateaux négriers. La légende ne s´arrête pas là, elle traverse allègrement le temps : beaucoup ont reconnu en l´Américain Cassuis Clay, lors de son combat à Kinshasa - contre George Foreman -, un descendant de Malobè.Cette légende dont la chanson est le véritable hymne du Ngondo.
Eya Malobè
Eya Malobè
Malobè a si wèdi Ngomninga
Eya Malobè Eya Malobè
Eya Malobè
Malobè n´a pas pu résister à Ngomninga
Eya Malobè
Elle donne tout le poids poétique à cette version. Encore aujourd´hui, l´expression " Malobè e o don ", Malobè sévit au marché, caractérise la situation où l´on doit faire face à quelqu´un de puissant contre qui on ne peut rien… Ceci donne la mesure de la puissance et du symbole que fut ce duel dans l´esprit des habitants de la sous région. De ce motif d´ordre purement économique, il reste un certain nombre d´unités de mesures valables pour tous les peuples vivants sur les bords des différents affluents du fleuve Wouri. Le Kèki (de l´anglais Keg) était une unité de mesure instaurée par le Ngondo au milieu du 19 ème siècle utilisée pour mesurer les palmistes, les tarots etc. Et à la suite , le Mbom deux Kèkis, puis l´Etoloki deux Mboms. Dikonguè a Moudourou de Deïdo, et Moukoury Makembè d´Akwa furent pendant longtemps les deux arbitres de la mesure chaque fois que surgissait une contestation . Tétè Moukoury fut souvent désigné sous le sobriquet Moukour´a Kèki. D´autres mesures avaient cours durant cette période, tel le Kudukenge, mesure d´huile, Kudukeng´a mula, soit environ 2 à 3 litres.Ngondo, tribunal au dessus de tous les clans L´établissement d´une cour de justice commune à tous les clans.Elle a constitué de manière implicite une des raisons de la tenue des assemblées des chefs de clans. La décision de justice au sein d´un clan était difficile à rendre même par les chefs de clans. La solidarité filiale faisait que personne n´acceptait que l´on s´en prenne à un membre de sa famille sans qu´il ne soit consentant. Plusieurs sociétés secrètes avaient pour rôle d´exécuter les sanctions prises à l´encontre d´un membre du clan en secret,pour ne pas perturber l´ordre social. Une cour de justice pouvant régler les conflits interclaniques n´existaient pas avant le Ngondo. A partir du moment où les conflits commerciaux étaient réglés par des décisions communes, les sanctions devaient être applicables dans tous les clans sans exception. Ainsi, l´établissement d´une réglementation commune au niveau commercial va inévitablement entraîner la création d´une institution pouvant arbitrer ce type de conflits. Les conflits économiques sont le plus souvent sous-jacents aux conflits sociaux. Beaucoup voient en la signature des traités de la cour de l´équite avec les consuls anglais, le modèle formalisé des règles de cette cour de justice. Cette cour de justice du Ngondo eut à juger des conflits qui provoquèrent des guerres inter clans comme la guerre du clan Deïdo contre tous les autres clans, et à prendre des sanctions contre les chefs de clans prestigieux comme Eyoum Ebelle Ngondo de cette période-là, le chef Ndoumbè Lobè. Une institution de plusieurs siècles. A l´origine, les chefs de clans se réunissaient sans autre forme de cérémonie. La réunion était convoquée par le président lorsque la situation l´exigeait. Plus tard, au ngondo qui redémarrera en 1949 , initié par le muaja (membres de la société civile),de nouvelles règles formalisées par un statut seront établies de manière formelle tant en ce qui concerne la rotaion de la présidence entre les chefs de clans, qu´avec les organes d´encadrement et le périodicité des rencontres.
commentaires 0

Aucun commentaire trouvé