Zouk love : Kassav n’a besoin que de zouk


Le groupe revient dans les bacs avec son quinzième album studio.
Mathieu Youbi (Correspondance particulière)

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C’est en référence en référence au " All you need is Love " des Beatles que le Kassav a sorti son dernier album intitulé "All U need is Zouk". Tout un programme pour un groupe qui célèbre bientôt ses 30 années d’existence. "All U need is Zouk" est un album de 14 titres qui, pris dans son ensemble apparaît comme une compile des années Kassav tant il y a des fortes ressemblances aux titres qui ont contribué à hisser le groupe au firmament de la musique mondiale.
Pour cet album enregistré aux Antilles et en Europe centrale, le groupe qui avait connu des départs, a fait revenir certains ténors de la première heure comme Georges Decimus, son frère Pierre Edouard Decimus (créateur avec Jacob Desvarieux de Kassav ), le batteur Claude Vamur et son ex compagne, l’ex danseuse Marie José Gibon, de quoi donner aux titres qui composent cet album , "l’âme Kassav" qu’on a connu; un style de zouk raffiné, avec des sonorités traditionnelles basées sur les configurations mélodiques modernes qui mettent en avant plusieurs styles des musiques antillaises comme la Biguine, le merengue et le Danzon. Le titre qui ouvre l’album "Doubout Pikan" vient nous rappeler que Kassav c’est d’abord la scène, le show et ce coté festif est très présent dans l’opus notamment avec des titres comme "Zouk Party", "Bodé Apiyé", et surtout "Pli Bel Flè" où un Jacob Desvarieux des grands moments avec sa voix unique et immuable qu’accompagne le rappeur caribéen Madniss nous sert une chanson fortement rythmée.

Les zouk lovers seront enchantés, non seulement avec le titre " Paté pou Viré", mais surtout avec un émouvant "vini mwen di’w" où on retrouve la Diva Jocelyne Béroard dont la voix de velours sous un flow de douceur vient rappeler que le zouk, loin d’être un combat de catch est avant tout une partie de danse langoureuse très prisé dans les discothèques. C’est un album finalement riche en tendance, de quoi faire adhérer les zoukeurs de tout bord.
Les textes de cet album viennent rappeler le coté engagé du groupe qui, fidèle au passé se sert du créole pour dénoncer les tares de société antillaise. De la colonisation des rythmes que décrie Jean Claude Naimro dans " Nou pas bizwen sa " en passant par " Pa Kriyé Mwen "qui relève le coté macho des hommes des îles, ou encore " Wa wé’y " qui donne l’occasion au chanteur et compositeur Jean Philippe Marthely de parler des commérages, un mal très à la mode en Martinique, on est en plein dans l’univers sociale Antillais.

De la description du quotidien dans le but de conscientiser les leurs, il y a du message dans All U need is Zouk et on est bien loin des paroles de rêve, fait d’amour, de plage de cocotiers et du soleil qui se lève tous les jours que le zouk nous abreuve au quotidien.
Que dire de l’instrumentalisation, Kassav nous offre encore une alchimie qui a contribué à son succès planétaire, à savoir obtenir un mariage harmonieux entre les musiques traditionnelles des Antilles et les technologies modernes, où les cuivres, le synthétiseur et la basse Jazzy côtoient aisément la tumba et les percussions à base de bouteille et le Gro ka pour produire enfin de compte des rumbas, cadences et du chaloupé très enlevés pour mélomanes qui aiment le son tropical. En somme, du zouk bien orchestré et goupillé par le technicien de la première heure l'ingénieur Didier Lozahic.

All u need is zouk Kassav
février 2008
A écouter: Doubout Pikan, Bodé Apiyé
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