Etes-vous satisfait de la 3e édition des "Aladji Touré Master Class" (Atmc)?J’avoue être vraiment satisfait de cette édition. Je suis d’ailleurs très content en ce moment, parce que je me rends compte qu’il y a beaucoup de demandes. Cela signifie qu’il y a de l’engouement. Je commence néanmoins à être un peu perturbé car cette année, j’ai sélectionné 200 candidats dans trois provinces du Cameroun soit dans cinq villes. A Douala, nous avons sélectionné une trentaine ; à Yaoundé, une cinquantaine ; une cinquantaine également à l’Ouest, au Sud-Ouest et au Nord-Ouest. Les critères de sélection ont vraiment été revus car nous voulions donner la chance à tous les jeunes artistes. Ce nombre sera peut-être revu à la hausse, vu la demande qui devient de plus en plus forte. C’est pourquoi je lance un appel au gouvernement parce que ce concept est vraiment important pour la musique camerounaise.
Quel est le bilan personnel que vous faites au terme de cette formation des jeunes?
Depuis la première édition en 2006, J’ai eu deux jeunes artistes qui se sont démarqués. Je les ai moi-même produits. Eriko, qui a été meilleur chanteur chez les hommes ; et Bitanga, meilleure chanteuse chez les femmes. Eriko a sorti un album qui cartonne aujourd’hui dans les bacs, C’est un bébé palpable des Atmc. L’album de France Lou, de son nom d’artiste, sera aussi bientôt dans les bacs. Je dirai, avec ces deux succès, que le bilan est positif.
Peut-on espérer une révélation comme l’année dernière?
Mon but est de dénicher les talents, de les former. Ceux qui se démarquent, je leur donne un coup de pousse. Cette année, je compte faire pareil et, pourquoi pas, faire un album de groupe avec les meilleurs. Avec tout ce qu’ils apprennent ici, je crois que ça ira, même s’il y a un travail de préparation qui est assez complexe. Il faut choisir les titres et probablement écrire. Trouver des compositeurs pour aider ces lauréats qui sont de très bons chanteurs et pas nécessairement de bons compositeurs. C’est déjà un cadeau que j’offre.
Avez-vous reçu le soutien de certaines entreprises pour cette organisation?
Depuis la première édition, j’ai le soutien de deux sponsors. Je leur dis merci parce que c’est grâce à eux que je continue à faire ces ateliers de formation. Pour cette troisième édition, j’ai aussi bénéficié de l’aide d’une troisième entreprise. Le jour que ces entreprises cesseront de me soutenir, je crois que ce projet pourra mourir.
Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans le cadre de ce projet?
Notre principale difficulté est l’encadrement de tous ces jeunes. Nous n’avons que six professeurs pour les enseigner, et ce n’est pas évident. J’ai aussi le problème de moyens financiers pour faire venir les professionnels de France. Néanmoins, mon rêve, en fin de compte, est de créer un conservatoire de musique. Je ne pourrai pas faire ce travail pendant une vingtaine d’années. Ce conservatoire sera plus pratique pour ceux qui veulent apprendre la musique, ils pourront venir de partout. Mais entre ce que je veux faire et les moyens dont je dispose, il y a un grand fossé.