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Cécile Ngo Holl : Nous commençons à négliger l'accueil familial


L'écrivaine basée au Québec, de passage au Cameroun, annonce la réimpression au Cameroun de ses deux ouvrages " Ambila l'Africaine " et " Ambila face à son destin ".
Propos recueillis par Lazare Kolyang

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Vous allez réimprimer vos deux ouvrages parus au Canada. Qu'est ce qui vous a motivée à reproduire ces livres ici ?
Je veux les réimprimer au Cameroun, simplement c'est parce que tout d'abord si je les ai écrits c'est d'abord pour le peuple camerounais, et un peu pour ceux chez qui je suis établie actuellement, c'est-à-dire les Canadiens. Avec pour objectif de faire connaître notre pays, notre culture et pour laisser un héritage culturel aux Camerounais. Ces ouvrages seront dans un premier temps distribué par la librairie des Peuples noirs.

Pour n'avoir pas simplement envoyé en vente au Cameroun ce dont vous avez imprimé au Canada ?
Je les ai fait imprimer au Canada, dans un premier temps. Mais compte tenu du coût de transport, j'ai pensé qu'il est mieux de les réimprimer ici pour que, en cas de besoin on puisse les trouver sur place.

Quel est le contenu de ces deux livres "Ambila l'Africaine" et " Ambila face à son destin " ?
Le premier parle de la vie dans le Sud du Cameroun dans les années 50, de ma naissance au moment où je pars pour la France grâce à une bouse de l'Etat. Je voudrais dire, à travers ce livre, qu'à cette époque c'est le mérite qui comptait. Ensuite, je décris la fête, la culture au niveau des champs, comment se passait la vie au village, comment on allait à l'école l'époque. De fille de la forêt, du village Mboulé à Makak qui est situé à 17 km du village, je passe tout le cycle grâce à ma tante qui a dû m'accueillir après le décès de mes deux parents. Ça montre aussi la solidarité familiale que je souhaite pouvoir faire continuer au Cameroun. Parce que lorsqu'on parle de blancs, on oublie qu'ils ont aussi cet accueil familial que nous commençons à négliger.
Le deuxième ouvrage, il s'agit d'une étude comparative entre la culture camerounaise et la culture française. Puisqu'on nous avait dit que nous n'avions pas de culture. Arrivée en France, j'ai découvert qu'on en a une et qu'il a beaucoup de valeurs. Et puis, on nous dit le blanc ne fait rien, c'est l'impression que nous avons. Mais dans leurs pays, c'est eux qui travaillent, c'est eux qui ont bâti leurs pays. Nous avons intérêt à reprendre ça, parce que ici chacun a un boy. Or, là-bas, pour avoir un boy, ce n'est pas évident, il n'y a que des hommes riches qui peuvent se le permettre.

Quel a été l'accueil réservé à ces deux ouvrages au sein de la communauté camerounaise et même québécoise ?
Il y en a eu qui étaient très étonnés, parce qu'il y a des gens qui ne savent pas ce qui se passe au village. Qui n'ont jamais été dans la forêt ou dans les champs et qui ont accueilli ça avec beaucoup d'enthousiasme.

Et pourquoi vous êtes-vous installée au Québec, après la France ?
Les raisons qui m'ont amenée c'est d'abord l'aventure. Parce que après avoir fait 40 ans en France, je me suis dit ce n'est pas la peine de rester au même endroit. Après la retraite, je suis partie à la découverte d'un autre pays que je trouve d'ailleurs très beau avec beaucoup de valeurs que nous avons intérêt à retrouver dans nos pays : l'accueil, le respect de l'autre, et puis une certaine discrétion qui manque.
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