Littérature :Le salon international de l’écrivain offre sa 3ème publication


La cérémonie d’ouverture est prévue ce jour à Yaoundé.Les éditions Auteurs pluriels n’ont pas l’intention de s’arrêter en chemin.

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  Aussi modeste soit-il. La troisième édition du Salon international du livre s’ouvre donc ce mercredi 26 janvier à la Centrale de lecture publique de Yaoundé. « Bien plus qu’une manifestation culturelle de plus, ceci est un acte de responsabilité historique », indique le slogan inscrit sur l’affiche annonçant l’évènement de cette année 2011.  Un défi qui a d’ailleurs amené les organisateurs à modifier la dénomination de cette manifestation qui s’identifiait jusqu’à la 2ème édition en ‘Salon camerounais de l’écrivain’.

 

 

 

Pour cette édition que partagent Yaoundé et Douala, le promoteur du salon, Francis Beidi, annonce à son public la participation des éditeurs et auteurs africains et européens. C’est un programme fourni que pourront déguster les amoureux de la lecture ou de l’art tout simplement. Car, le Salon de l’écrivain est également l’occasion de découvrir et apprécier le jeu théâtral de quelques comédiens du terroir.

A l’instar de David Noudji ou encore la compagnie Zouria. Spectacles prévus au Centre culturel français de Yaoundé. Le même site abritera du 26 au 30 janvier une exposition des éditeurs. Déterminés à promouvoir « un mieux-être de nos sociétés », à travers justement la culture et la richesse livresque, les organisateurs proposent divers activités notamment aux jeunes écrivains. Le public présent à cette 3ème édition s’offrira des rencontres professionnelles autour des thèmes portant sur la « culture et science, quelles options pour les Africains aujourd’hui ?» ; « éditer pour quelle diffusion en Cemac ? » ; « l’écrivain et le patrimoine culturel de sa tribu » ou encore « économie et cultures dans le monde ».

C’est depuis décembre dernier qu’ont en effet débuté les activités relatives à ce salon. Du 1er au 21 décembre, des auteurs de nouvelles, de pièces de théâtre, de poésie, et de romans étrangers et camerounais résidents dans les régions du Littoral, de l’Ouest, du Nord, de l’Extrême Nord et du Centre ont pris part aux Résidences d’écriture libre (Reli). Les travaux se sont déroulés au Centre Zingui, au quartier Ekoumdoum à Yaoundé. Les Reli constituent un concept novateur qui vise à détecter  des talents sur l’étendu du territoire national. Dix textes de genres variés ont été retenus pour leur qualité littéraire et feront prochainement l’objet d’une publication dans un recueil collectif. Etant convaincu qu’aucune activité actuellement n’évolue en marge du numérique, les responsables ont lancé un atelier Internet le 05 janvier dernier. Des participants se forment à l’usage de cet outil qui favorise, par ses multiples applications, la promotion des auteurs ainsi que leurs créations.

Les différentes formations connaitront leur point orgue à travers des séances de restitution et quelques lectures spectacles des textes issus des Résidences. L’édition 2011 rend par ailleurs hommage au géologue et écrivain camerounais Samuel-Martin Eno Belinga décédé en mai 2004. Hors mi la Centrale de lecture publique et le Ccf, les activités du salon vont également se déployer à l’Institut des beaux arts Cheikh Anta Diop, au centre culturel Francis Bebey ainsi qu’au Centre Zingui pour ce qui est de Yaoundé. Douala quant lui accueille l’évènement à la fondation AfricAvenir international.

 

 

Réactions :

Dr Roger Mondoue, éditeur à l’Harmattan:«Les Camerounais doivent se mettre à la lecture »

En ce qui concerne la lecture, les camerounais ont encore beaucoup d’effort à fournir. En dehors des professeurs, qui effectuent des recherches et sont parfois obligés de lire, les  étudiants  eux  sont tombés dans le marché de la photocopie. La plupart préfère photocopier les livres que de fréquenter les librairies. Les  élèves quant à eux se focalisent  seulement sur les œuvres scolaires et rien d’autre. C’est pour cette raison qu’on remarque de moins en moins des jeunes fréquenter des bibliothèques, encore mois des librairies. C’est pratiquement les mêmes personnes qu’on retrouve tout le temps dans les librairies. Personne d’autre ne s’intéresse à la lecture au cameroun. Pour résumer tout ceci,  Le taux de lecture au Cameroun n’atteint même pas  le  un millième par rapport aux autres pays du continent. Les camerounais doivent vraiment se mettre à la lecture.

 

 

 

Vincent-de-Paul Lele, éditeur à la CLE:  «Les jeunes ne lisent pas » Je pense qu’au jour d’aujourd’hui, pratiquement en 2011, cinquante et un ans après les indépendances, le niveau scolaire a évolué compte tenu du nombre de personne qui va à l’école. Sur le plan professionnel, on édite des livres mais ça ne va pas. Il est difficile d’écouler un livre de 1000 exemplaires, sinon dans de rares cas. Il faut qu’on fasse des campagnes médiatiques même jusque là les gens s’intéressent moins. 90% des jeunes de nos jours savent lire et écrire, théoriquement le nombre de lecteur devrait évoluer, mais au contraire ils ne s’intéressent pas à la lecture. La culture de la lecture c’est quelque chose qu’il faut encore cultiver. Beaucoup lise spécialement des ouvrages de nécessité. C’est vrai qu’il y a des livres qui coûtent cher, mai un vrai lecteur peut se sacrifier. Les pouvoirs publics devraient instaurer la culture de la lecture dans les écoles, dès le bas âge en créant des salles de lecture.

                                                                                                                         

 

 

 

Propos recueillis par Larissa Audrey MAMA (stagiaire)
LNE

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