Nkotti François : Les artistes ont aussi des responsabilités


Le musicien milite pour l’élaboration de leur statut et pense que l’Etat manque de volonté.
Propos recueillis par D.E.

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Depuis 1996, vous êtes à la tête du syndicat national des artistes et interprètes du Cameroun. Quels sont les objectifs visés ?
Le syndicat a été crée par Esso Essomba cette année-là. Il a pour objectif de porter les revendications du corps artistique. Nous faisons plus particulièrement des interventions pour demander que soit mis sur pied le statut de l’artiste au Cameroun. Nous sommes des citoyens comme tous les autres et à l’instar des fonctionnaires par exemple, nous avons le droit d’être protégés, d’être affiliés à la Cnps et d’avoir certains avantages. C’est l’une des principales revendications du syndicat qui, pendant dix ans, a fonctionné plutôt bien mais vit quelques difficultés depuis quelques temps.

Vous parlez de l’adoption du statut de l’artiste, comment vivent donc les artistes en difficulté au Cameroun ?
Ils vivent comme ils le peuvent. Parallèlement au syndicat, nous avons mis sur pied une mutuelle des artistes qui a pour objectif de venir en aide aux artistes. Alain Mboulé en est actuellement le président. Malheureusement, faute d’argent, la mutuelle a de la peine à être lancée. C’est pourquoi au niveau du syndicat, nous essayons de venir en aide aux artistes qui ont des difficultés. Nous intervenons principalement lors des deuils et dans l’assistance des malades. Surtout, lorsque l’artiste est issu d’une famille démunie, nous essayons au moins, en cas de décès, de l’inhumer dignement. Sinon, nous gérons uniquement le volet artistique des obsèques.

Où en êtes-vous dans votre lutte pour l’adoption de ce statut de l’artiste ?
Nous espérons que cette année, et avec l’arrivée du nouveau ministre de la Culture, Ama Tutu Muna, nous aurons plus de chance. Nous avons fait des propositions par le passé mais, malheureusement, nous n’avons jamais pu rencontrer l’ancien ministre. Nos revendications ne sont pas surréelles et c’est pour cela que je pense qu’elles peuvent très vite être mise sur pied. Même dans les sociétés de gestion collective du droit d’auteur, on peut prélever de l’argent aux artistes lors des répartitions. Avec cet argent, on pourra les inscrire à la sécurité sociale. L’artiste pourra ainsi vivre une retraite paisible sans grande crainte du lendemain. Cela évitera que l’on ait dans la rue des artistes qui n’ont pas le moindre sou et qui errent en demandant un peu d’argent
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