André Ben's Belinga : L'Itamm est un conservatoire


Cofondateur de l'institut technologique des métiers de la musique, le saxophoniste et animateur dévoile les objectifs de son centre.
Propos recueillis par Justin Blaise Akono

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Pourquoi un institut technologique des métiers de la musique?
Il s'agit d'apporter des moyens aux jeunes enfants africains afin qu'ils puissent s'exprimer dans les métiers d'art. Cet institut est une idée qui germe en moi depuis plus de trente ans. Nous y enseignons la danse, la musique, la fracture instrumentale, l'histoire et l'utilisation de nos instruments de musique tels que les Minkul ou les Mimba, l'histoire des Noirs Amé "ricains, etc. Je crois que, dès lors, la musique reprendra ses lettres de noblesse. D'ailleurs, nous visions, dans le cadre de cette formation, la fabrication des instruments de musique.

Et les débouchés?
L'Itamm est un conservatoire où les enfants pourront être des professionnels. Ils sauront au moins lire les notes musicales. Les jeunes qui en sortiront, seront compétitifs sur le plan international. Ils pourront travailler partout. Nous auront, à travers la formation, pu faire évoluer aussi bien les enfants doués dont l'Afrique regorge que ceux de la rue ou les désoeuvrés. Moi-même j'ai failli me retrouver dans la rue. On leur apporte alors leur rêve, que de les voir échouer dans une plage marocaine, parce qu'ils veulent aller en Europe ou en Amérique.

Comment on y entre?
Tout dépend de la branche. L'on peut souhaiter devenir instrumentiste, chanteur, ingénieur du son, chef d'orchestre, faire de la fracture instrumentale. L'institut est ouvert à tous les âges et à tous les niveaux. Des hommes d'expérience viennent de tous les coins du monde poiur les former. Nous avons ainsi des partenaires spécialistes de la fracture instrumentale, tel que le président de la chambre syndicale des métiers de la musique de la France. Certains enseignants sont déjà sur place, pour cette formation opérationnelle depuis le mois d'octobre 2007.
Sur le plan local, nous avons Rachel Tchoungui, la directrice du centre, qui est une chanteuse de renom. Je suis l'un des enseignants. Je suis saxophoniste. Je cherche juste à apporter aux jeunes ce que Dieu m'a donné. Je veux qu'on arrête de créer de nouveaux esclaves, ces enfants qu'on envoie en Europe pour qu'il ramène des sous.

D'où viennent les étudiants?
Ils viennent de plusieurs pays africains. Notamment le Gabon, la République centrafricaine, le Sénégal, l'Afrique du Sud. L'on parle de mondialisation et nous devons apporter du nôtre à cette mondialisation, tout en coopérant avec les autres.
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